LES COULEURS D ALGERIE


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Civilisation

Histoire des berbères
D'après IBN KHALDUN

"Citons ensuite les vertus qui font honneur à l'homme et qui étaient devenues pour les Berbères une seconde natureleur empressement à s'acquérir des qualités louables, la noblesse d'âme qui les porta au premier rang parmi les nations...
les actions par lesquelles ils méritèrent les louanges de l'univers, bravoure et promptitude à défendre leurs hôtes et clients, fidélité aux promesses, aux engagements et aux trairés, patience dans l'adversité, fermeté dans les grandes afflictions, douceur de caractère, indulgence pour les défauts d'autrui, éloignement pour la vengeance, bonté pour les malheureux, respect pour les vieillards et les hommes dévots, empressement à soulager les infortunésindustrie, hospitalité, charité, magnanimité, haine de l'oppression , valeur déployée contre les empires qui les menaçaient, victoires remportées sur les princes de la terre,dévouement à la cause de Dieu et de la religionvoilà, pour les Berbèresune foule de titres à une haute illustration, titres hérités de leurs pères et dont l'expositionmise par écrit, aurait pu servir d'exemple aux nations à venir, Que l'on se rappelle seulement les belles qualités qui les portèrent au faîte de la gloire et les élevèrent jusqu'aux hauteurs de la domination, de sorte que le pays entier leur fut soumis et que leurs ordres rencontrèrent partout une prompte Obéissance. Parmi les plus illustres Berbères de la première race, citons d'abord Bologguin-Ibn-Ziri le Sanhadjien qui gouverna l'Ifrikïa au nom des Ftémidesnommons ensuite Mohamed-Ibn-Khazer et son fils EI- Kheir, Youçof-Ibn Tachefin, rot des Lemtouna du Maghreb, et Abd el Moumen Ibn Ali, grand cheikh des Almohades et disciple de L'imam ÉI-Mehdi. Parmi les Berbères de la seconde race on voit figurer plusieurs chefs éminents qui, emportés par une noble ambition, réussirent à fonder des empires et à conquérir le Maghreb central et le Maghreb-el-Acsa. D'abord Yacoub lbn-Abd EI-HACK, sultan des Beni-Merinpuis, Yaghmoracen-Ibn-Zîan, sultan des Béni Abd-el-Ouadensuite, Mohammed-Ibn.Abd-el-Caouï-Ibn-Ouzmar , chef des Béni-Toudjîn. Ajoutons à cette liste le nom deThabet-Ibn-Mendïl, émir des Maghraoua, établis sur le Chélif, et celui d'Ouzmar-Ibn-Ibrahim, chef des Beni-Rachedtous princes contemporains, tous ayant travaillé, selon leurs moyens pour la prospérité de leur peuple et pour leur propre gloire. Parmi les chefs berbères voilà qui possédèrent au plus haut degré les brillantes qualités que nous avons énumérées, et qui, tant avant qu'après l'établissement de Ieur domination, jouirent d'une réputation étendue, réputation qui a été transmise à la postérité par les meilleures autorités d'entre les Berbères et les autres nations, de sorte que le récit de leurs exploits porte tous les caractères d'une autheticité parfaite. Quant au Zèle qu' ils déployèrent à faire respecter le présriptions de l'islamisme, à se guider par les maxims de la loi et à soutenir la religion de Dieuon rapporte, à ce sujet, des faits qui démontrent la sincérité de leur foi, leur orthodoxie et leur ferme attachement aux croyances par lequelles ils s'étaient assurés la puissance et l'empire. Ils choisissaient d'habiles précepteurs pour enseigner à leurs enfants le livre de Dieu, ils consultaient les casuistes pour mieux connaître les devoirs de l'homme envers son céateur .
Ils cherchaient des Imams pour leur confier le soin de célébrer la prière chez les nomades et d'enseigner le Coran aux tribusils établissaient dans leurs résidences de savants jurisconsultes, chargés de remplir les fonctions de cadiils favorisaient les gens de piété et de vertu, dans l'espoir de s'attirer la bénédiction divine en suivant leur exempleilS demandaient aux saints personnages le secours de leurs prièresIls affrontaient les périls de la mer pour acquérir jes mérites de la guerre sainteils risquaient leur vie dans le service de Dieu, et ils combattaient avec ardeur contre ses ennemis. Au nombre de ces princes on remarque au premier rang Youçof-Ibn-Tachfin et Abdelmoumen-Ibn-Alipuis viennent leurs descendant et ensuite Yacoub-Ibn-Abd-el-Hack et ses enfants. Les traces qu'ils on laissées de leur administration attestent le soin qu'ils avaient mis à fair fleurir les sciences, à maintenir la guerre sainte, à fonder des écoles, à élever des Zàouïa et des Ribat, à fortifier les frontières de l'empire, à risquer leur vie pour soutenir la cause de Dieu, à dépenser leurs trésors dans les voies de la charité, à s'entretenir avec les savants, à leur assigner la place d'honneur aux jours d'audience publique, à les consulter sur les obligations de la religion, à suivre leurs conseils dans les événements politiques et dans les affaires de la justice, à étudier l'histoire des prophètes et des saints, à faire lire ces ouvrages devant eux dans leurs salons de réception, dans leurs salles d'audience et dans leurs palais, à consacrer des séances spéciales au devoir d'entendre les plaintes des opprimés, à protéger leurs sujets contre la tyrannie des agents du gouvernement, à punir les oppresseurs, à établir au siège du khalifat et du royaume, dans l'enceinte même de leurs demeures, des oratoires où l'on faisait sans cesse des invocations et des prières, et où des lecteurs stipendiés récitaient une certaine portion du Coran tous les jours, matin et soir. Ajoutons à cela qu'ils avaient couvert les frontières musulmanes de forteresses et de garnisons, et qu'ils avaient dépensé des sommes énormes pour le bien public, ainsi qu'il est facile de le reconnaitre à l'aspect des monuments qu'ils nous ont laissés. Faut-il parler des hommes extraordinaires, des personnages accomplis qui ont paru chez le peuple berbèrealors, on peut citer des saints traditionnistes à l'à.me pure et à l'esprit cultivédes hommes qui connaissaient par coeur les doctrines que les Tabês et les Imams suivants lavaient transmises à leurs disciplesdes devins formés par la nature pour la découverte des secrets les plus cachés. On a vu chez les Berbères des choes tellement hors du commun, des faits tellement admirables, qu'il est impossible de méconnaître le grand soin que Dieu a eu de cette race. .." .

DIHIA
Introduction

Jamais sans doute un personnage historique n'a fait l'objet de tant d'interprétations. La reine Dihya est en effet plus qu'une reine au comportement exemplaire et héroïque. Elle est un symbole de résistance, et habite l'imaginaire des Imazighen. Son nom n'est même pas bien établi : elle s'appelait peut-être Dahya, Damya ou Kahia. Bien des interprétations la concernant ne sont pas sans arrière-pensées idéologiques. Pour les Occidentaux, il s'agit d'une reine mythique, comme s'il fallait minimiser son combat. On la dit chrétienne dans le même but, comme si elle présageait de la domination coloniale, alors qu'elle fut au contraire l'exemple du refus de la soumission. Les historiens arabes la surnommèrent Kahina, ce qui veut dire la prophétesse, au sens noble, mais aussi péjorativement la devineresse, la sorcière pour certains. Certains la déclarèrent de religion juive pour montrer qu'elle était une ennemie de la foi musulmane, ce qu'elle fut effectivement, mais certainement pas en termes religieux. Quant aux juifs, ils l'admirèrent, faisant un parallèle avec Déborah, la princesse mythique qui réveille le peuple(1). Les Imazighen eux-mêmes ont sans doute exagéré le personnage, puisqu'on lui prête parfois l'âge, de toute évidence très exagéré, de 127 ans à sa mort ! Dans cette page nous avons voulu avant tout faire la part de la réalité historique si difficile soit-elle à connaître et les légendes. Dihya est effectivement un exemple de courage hors du commun. Chef politique hors pair, elle était aussi une femme qui su protéger ses enfants.

Le nom de DIHYA ou KAHINA

Dihya, Dhaya ou Damya ? Les sources divergent et on ne connait pas son vrai nom. Si on retient Damya, ce prénom vient sans doute du verbe edmy en tamazigh, qui signifie devineresse. En Chaouias Tacheldit, Dihya signifie "la belle". On a souvent appelé la reine Dihya Tadmut ou Dihya Tadmayt. Tadmut/Tadmayt signifie gazelle. Les imazighen avaient coutume de prendre comme prénoms, des noms animaux. Dyhia Tadmut pourrait signifier tout simplement "La belle gazelle". En ce qui concerne le surnom de Kahina, il est manifestement arabe. Cependant, si certains historiens arabes et juifs la décrivent comme un personnage haïssable, il n'est pas certain qu'il soit péjoratif. Kahina a été souvent interprété comme signifiant sorcière. La réalité est différente. A, l'origine, le terme, qui donne aussi les prénoms féminins Karine et Karina, signifie en grec "être pure". De là en Hébreu, la dérivation Cahen, Cohen, qui signifie prêtre ou prêtresse, donc homme ou femme pur et le prénom français Corinne qui signifie femme pure. On sait qu'en Afrique du Nord, toutes les prêtresses subissaient un rituel de purification, qui semble être une tradition d'origine animiste. En arabe, le dérivatif Taher, qui vient de Kahin, a le même sens. Ce surnom s'appliquait aux prophètes et poètes avant l’islam et il n'est pas péjoratif. Il n'est pas étonnant que Dihya se soient vu donner à la fois les qualités de Reine et de Prêtresse. Les anciens Aghellid, c'est à dire les rois, avaient aussi un pouvoir spirituel.

Les origines de Dihya

On ne sait presque rien de son origine. Nous ignorons sa date de naissance. Ce qui est certain, c'est qu'elle originaire de la tribu Djawara ou Jeroua donc une tribu Zénata, dont le mode de vie était pastoral et semi-nomade. Elle est peut-être la fille de Mélag, Roi des Aurès. Selon Ibn Khaldoun, elle serait une Zénata de la branche Madaghis (ou Badaghis). Sa généalogie serait la suivante : Louwa le Grand ---> Nefzawa ---> Banou Yattofene --> Walhassa --->Dihya. Ces hypothèses contradictoires ont au moins deux points communs. La reine Dihya était une noble et elle était originaire de l'Aurès, sans doute descendante d'une très ancienne lignée amazighe. Ceci explique comment elle parvint à la royauté. Il semble que son pouvoir lui fut donné par un conseil de tribus, ce qui était courant à l'époque. Grâce à son intelligence remarquable, elle organisa une confédération, regroupement de tribus, ce qui était courant face à un péril grave. La légende dit aussi qu'elle aurait été d'une beauté éblouissante. Ce genre de description, basé sur l'admiration, doit être pris avec circonspection. Il est courant de magnifier un personnage important, et à plus forte raison une femme, par la beauté. On sait que c'est à un âge avancé qu'elle est amenée à lutter contre les musulmans. Elle était sans doute âgée au moins de quarante ans (plus probablement cinquante ou soixante ans, on ne sait).

La religion de Dihya


On ne sait pas précisément sa religion. Peut-être fut-elle chrétienne ou juive, mais elle a pu être également animiste. Ce point est très controversé. Nous donnons ici quelques éléments de discussion. C'est Ibn Khaldoun qui émet l'hypothèse qu'elle était juive. Mais on peut raisonnablement penser qu'elle était animiste : L'histoire des juifs d'Afrique du Nord est relativement bien connue à cette époque. Les communautés étaient très restreintes. Elles étaient acceptées, mais on ne voit pas comment une reine juive auraient pu avoir le pouvoir. Il n'y a jamais eu de rois ou de reines juifs dans les Aurès d'après les documents historiques. Par ailleurs l'invasion musulmane fut accompagnée de l'implantation de juifs, qui assumaient les métiers interdits aux musulmans : banquiers, certains métiers du commerce, et surtout forgerons. Ces métiers étaient absolument indispensables à l'armée musulmane, et à l'administration des territoires conquis. L'Islam, à cette époque, les protégeait. Si Dihya avait été juive on ne voit pas pourquoi elle aurait combattu les musulmans. Ce n'est pas pour rien que les historiens juifs l'ignorent ou, au contraire, la décrivent comme une redoutable ennemie. Il nous semble plus logique de penser que lorsque Ibn Khaldoun la dit juive, il veut tout simplement dire qu'elle appartenait à une religion existant avant l'Islam. On a qualifié à tort la reine touarègue Ti Hinan de chrétienne de la même manière. La découverte de son tombeau a montré que cette reine était animiste. Quelque soit la rigueur d'Ibn Khaldoun, on peut penser qu'il n'avait pas les moyens de déterminer exactement, plusieurs siècles après, la religion de Dihya. Prétendre qu'elle fut chrétienne se heurte à d'autres difficultés. A cette époque, le christianisme s'était effondré depuis longtemps en Afrique du Nord. Le seul royaume chrétien restant était celui des Djeddars, dont on ne sait pas grand chose sinon que les Byzantins cherchèrent sans succès à s'en faire un allié. Les Byzantins tentèrent d'imposer un christianisme d'état, ce qui provoqua une guerre entre eux et les Imazighen qui dura plusieurs siècles. Or, les Imazighen laissent au départ musulmans et byzantins s'entretuer. Si elle avait été chrétienne, Dihya se serait probablement alliée au Byzantins, d'autant que la révolte de Koceilia contre les musulmans, quelques dizaines d'années auparavant, devait encore être dans toutes les mémoires. On a affirmé aussi que Dihya était adoratrice de Gurzil, une divinité amazighe représentée par un taureau. Si le culte du Taureau, symbole de virilité et de puissance, est connu en Afrique du Nord dans l'Antiquité, aucun élément historique ne prouve que Dihya en fut une prêtresse. On peut donc penser que Dihya était très probablement animiste, mais sans que l'on connaisse vraiment le culte auquel elle appartenait. Cependant, faute de preuves archéologiques, nous nous garderons bien de nous avancer plus. Selon la légende, elle vivait dans un somptueux palais. A plusieurs reprises, on a pensé l'avoir trouvé, mais apparemment sans succès pour l'instant.



Les Juba
Dynastie des rois de Numidie

Juba I

Né vers 85, mort à Thapsus, avr. 46 av. J.-C., roi de Numidie (vers 50/46 av. J.-C.)Fils et successeur de Hiempsal il embrassa le parti de Pompée durant la guerre civile et battit Scribonius Curio, légat de César (49). Vaincu à son tour avec Q. Metellus Scipion à la bataille de Thapsus, il se fit donner la mort par un de ses esclaves et son royaume fut compris dans la province romaine d'Africa nova.
Juba II
Juba II était le fils de Juba I mais contrairement à son père qui avait combattu les Romains, il s’était placé sous leur protection et, sa vie durant, s’était comporté comme un roi vassal. Cependant, faute d’avoir été un chef libérateur ou un champion de l’indépendance de la Numidie, à l’exemple de ses ancêtres Massinissa et Jugurtha,
il fut un souverain érudit, célèbre dans le monde antique par ses recherches et ses ouvrages. Après la défaite de Thapsus en avril 46 avant J.C, Juba I avait tenté de regagner sa capitale, Zama, mais les Romains l’avaient devancé et il ne put accéder à la ville où était restée sa famille. Sur le point d’être capturé, le roi numide préféra se donner la mort. Son fils, le jeune Juba, fut pris et envoyé à Rome.En septembre de la même année, César le fit figurer à son triomphe, aux côtés des chefs qu’il avait vaincus. L’enfant, qui avait tout juste cinq ans, suivit le char du vainqueur, à la place de son père.Le même César prit sous sa protection le jeune Numide et, à sa mort, il passa sous la protection d’Octave qui se chargea de son éducation. Intelligent et doté d’une grande mémoire, Juba s’initia à toutes les disciplines qu’on apprenait alors. Il parlait avec la même aisance le latin et le grec, ce qui fit dire à Plutarque que « le Barbare numide était devenu le plus fin des lettrés grecs ». Le destin du petit captif ne devait pas s’arrêter là.Octave qui était devenu son ami lui fit obtenir la citoyenneté romaine et l’associa à ses campagnes d’Egypte, dans la guerre contre Antoine et Cléopâtre (31-29 avant J.C). Le même Octave, devenu Auguste, le rétablit dans ses droits de souverain et lui tailla un royaume sur le territoire de la Maurétanie dont Rome s’était emparé après la mort du roi Bocchus. En fait, Auguste avait trouvé en Juba la personne qu’il fallait pour administrer un pays réfractaire à la domination étrangère mais peut-être prêt à accepter un souverain d’origine africaine. Bien que n’étant pas d’origine maure mais numide, Juba fut, en effet, accepté par ses sujets auxquels il apporta, il est vrai, la stabilité.Sur ordre d’Auguste sans doute, Juba épousa quelques années après Cléopâtre Séléné, fille de la grande Cléopâtre d’Egypte et du triumvir Antoine. La jeune princesse avait été, elle aussi, enlevée à sa patrie, après la défaite et la mort de ses parents et élevée à Rome. Auguste voulait, par cette union, montrer au monde la grandeur et la magnanimité de Rome qui, après avoir vaincu ses ennemis, s’alliait leurs enfants, allant jusqu’à les faire gouverner pour son compte.Conformément à la tradition égyptienne, Cléopâtre fut associée au règne de son époux : les monnaies frapées en son nom, entre 20 et 19 avant J.C., ainsi que les symboles égyptiens qui figurent dessus, le montrent. Nous ne savons rien de la vie du couple sauf que Cléopâtre donna à Juba un fils, Ptolémée, appelé ainsi du nom d’un de ses aïeux égyptiens, et qui devait lui succéder. Cléopâtre Séléné mourut vers 6 ou 5 avant J.C. et, selon la tradition, Juba lui aurait élevé le fameux Mausolée Royal de Maurétanie (ex-Tombeau de la Chrétienne), aux environs de Tipaza, à l’est d’Alger.Le règne du Juba II, long d’une cinquantaine d’année, fut plutôt calme, même s’il fut traversé par des révoltes, comme celle des Gétules, en l’an 6 de l’ère chrétienne. Jusqu’à sa mort, en 23 ou 24 après J.C, il fut un fidèle vassal de Rome et ne manqua pas de mettre à sa disposition, comme dans la guerre menée contre Tacfarinas, son armée et ses biens.Son royaume connut, grâce à la stabilité dont il jouissait, une certaine prospérité. Sa capitale, Iol (l’actuelle Cherchell), rebaptisée Caesarea, en l’honneur d’Auguste, connut, sous son règne, un grand essor. Il l’agrandit, la dota d’un port et l’embellit de monuments et de statues de style grec. Le commerce et l’industrie y florissaient, notamment les teintureries qui produisaient la célèbre pourpre de Gétulie, chantée par les poètes latins.Mais ce qui fit la réputation de Juba II ce furent ses travaux d’érudition et ses recherches scientifiques. Son œuvre est malheureusement perdue, mais elle a inspiré des générations entières de compilateurs qui nous en ont transmis des fragments. Ces derniers, même s’ils sont éparpillés et sont donc loin de former un tout, nous permettent de nous faire une idée de l’homme.Dans l’esprit des encyclopédistes de l’Antiquité, Juba II avait touché à toutes les disciplines : l’art, la littérature, la poésie, la grammaire mais aussi la philosophie, l’histoire, la géographie et l’histoire naturelle.Les auteurs romains le montrent entouré d’érudits, occupé plus à consulter les livres qu’à mener les affaires de l’Etat. Certaines questions le passionnaient à tel point qu’il n’hésita pas à mettre sur pied des expéditions scientifiques pour les vérifier. Ainsi, il fit enquêter sur les sources du Nil et équipa des bateaux pour faire la reconnaissance de l’archipel des Canaries.Pline l’Ancien présente ainsi les recherches du roi Juba II sur les Iles Canaries (Iles Fortunées à l’époque) : « Le roi place les îles au midi auprès du couchant, à 625 000 pas des îles Purpuraires, de sorte qu’on navigue pendant 25 000 pas au-dessus du couchant, puis on va à l’est pendant 375 000 pas. La première, nommée Ombrios, ne porte aucune trace d’édifices ; elle a en ses montagnes un étang, des arbres semblables à la férule.On ext rait une eau amère de ceux qui sont noirs, une eau agréable à boire de ceux qui sont blancs. Une autre île s’appelle Junonia ; on n’y voit qu’un petit temple bâti en pierre ; dans le voisinage est une île du même nom, plus petite ; puis vient Capraria, remplie de grands lézards.En vue de ces îles est Nivaria, qui a pris ce nom de ses neiges perpétuelles et qui est couverte de brouillards. La plus voisine de Nivaria est Canaria, appelée ainsi en raison des chiens d’une grandeur énorme qui y abondent ; on en amena deux au roi Juba ; on y aperçoit des vestiges d’édifices.Toutes ces îles ont en abondance des arbres fruitiers et des oiseux de toutes sortes... » (Pline l’Ancien, Histoire naturelle, Livre VI, 203-205). Sa passion pour la botanique le conduisait à herboriser. C’est au cours de ses randonnées dans l’Atlas que fut découverte une plante jusque là inconnue, l’euphorbe, à laquelle il donna le nom de son médecin grec, Euphorbe. Il étudia les vertus médicinales de la plante et lui consacra un traité.Juba, si l’on en croit les témoignages des auteurs de l’Antiquité, écrivit de nombreux ouvrages dont le plus important, intitulé Libyca, était consacré à son pays. Les auteurs romains y puisèrent la plupart de leurs informations sur le Maghreb antique. Vassal de Rome, féru de culture grecque, Juba n’en aima pas moins sa patrie dont il exalta les mythes et le passé glorieux et qu’il contribua à faire connaître positivement au monde antique.Celui-ci lui voua, en retour, respect et considération. Une statue lui fut élevée dans le Gymnase de Ptolémée et Strabon, le plus prestigieux des géographes de langue grecque, le cite dans sa Géographie.

Massinissa
Le plus célèbre roi berbère de l’antiquité, unificateur de la Numidie

Rome soutenant Syphax, Gaïa s’était allié aux Carthaginois. Il leur fournit, en échange de leur protection, des troupes que le jeune Massinissa commanda en Espagne, à partir de 212 ou 211 avant J.C, jusqu’à l’automne 206, avec de fréquents voyages en Afrique. La guerre ne tarda pas à tourner en faveur des Romains. Les Carthaginois, battus à Ilipa, perdirent leurs possessions en Méditerranée. Le général Scipion qui commandait l’armée romaine en Espagne, songeait à porter la guerre en Afrique, mais il voulait, auparavant s’assurer le soutien des royaumes numides. Il avait déjà gagné l’amitié de Massinissa, avec lequel il avait passé un accord secret, puis il se rendit en Afrique pour tenter de convaincre Syphax de se joindre à l’alliance. Mais le roi Massaessyle, ayant eu vent de l’accord avec Massinissa, s’était déjà rapproché de Carthage. Gaïa mourut cette année là et la royauté passa, selon la règle de succession des royaumes berbères, au mâle le plus âgé de la famille, son frère Oezalcès. Celui-ci ne tarda pas à mourir à son tour. Un de ses fils, Capusa, lui succéda. C’était un homme sans envergure qui vit aussitôt se dresser contre lui un certain Mazetul qui devait appartenir à une branche rivale de la famille. Capusa fut tué au cours d’un combat mais Mazetul ne prit pas le titre de roi. Il le conféra au jeune frère de Capusa, Lacumazes, qui était encore un enfant. Or le trône devait revenir cette fois-ci à Massinissa, devenu l’aîné des enfants mâles de la famille. Le jeune homme, se sentant lésé, quitta l’Espagne, avec une troupe de cavaliers, décidé à faire valoir ses droits. Lacumazès appela Syphax à son secours. Le puissant roi Massaessyle chassa Massinissa mais, en retour, il annexa le royaume massyle. Massinissa, réfugié dans les montagnes, avec une poignée de fidèles, connut une vie de proscrit. Il ne continua pas moins à harceler ses ennemis et les hommes de Syphax ne réussirent pas à venir à bout de lui. Son heure arriva quand Scipion, décidé à en finir avec Carthage débarqua en Afrique. Le rusé Romain essaya une nouvelle fois d’attirer Syphax à lui. Celui-ci rejetant de nouveau l’alliance préposée, il se tourna de nouveau vers Massinissa. Les premiers combats tournèrent en faveur des deux alliés. Ces derniers, encouragés par leurs succès, s’attaquèrent à Uttique, place forte carthaginoise, mais l’intervention de Syphax, les obligea à se retirer. Ils prirent leurs quartiers d’hiver et Scipion, en cachette de Massinissa, entra de nouveau en contact avec Syphax. Faute de le détacher des Carthaginois, il lui demanda de proposer une solution pour mettre fin au conflit entre Rome et Carthage. Syphax proposa que les Carthaginois évacuent l’Italie, où ils sont en campagne, en échange les Romains quitteraient l’Afrique. Si le général Asdrubal, qui commandait les Carthaginois accepta l’offre, Scipion, qui voulait en fait la reddition pure et simple de la Cité punique, la rejeta. Massinissa, et Scipion reprirent leur attaques, obligeant cette fois-ci les troupes puniques à se replier sur Carthage. Syphax, lui, ne voulant pas perdre plus d’hommes, se retira dans son royaume.


Le henné
Rites et symboles du henné

Art éphémère, le henné a un double langage, celui de la séduction et celui de la magie à travers les rituels. Sa pratique fascine et enchante notre société, c'est un des piliers nécessaire dans la vie traditionnelle. Il rassure, protège et peut aussi détruire en alternance, lorsque exceptionnellement, il s'agit de magie noire.Comme l'exprime Vonderheyden 1: Le henné, engendre une foule d'usages où interviennent magie, tradition, religion et coutumes. Le henné témoigne d'un lointain passé qui nous parvient par des signes, des symboles ; par ces moyens, une culture s'authentifie et l'histoire se perpétue.
Le henné est peuplé de légendes qui transforment tout en histoires fantastiques, ces croyances perpétuent la mémoire d'une culture. Une légende fait mention, que les femmes avant d'aller au bain maure, pour se purifier au henné, invoquaient la reine des bains maures Ialla Rekia bent elhamar ; elles lui offraient des ménaras avec sept mèches allumées, brûlant des parfums, afin de la réjouir et de recueillir ses faveurs. Ces croyances sont bien ancrées dans la vie quotidienne sous toutes les formes. Une autre légende relate que le lézard vert est une nouvelle mariée ; en effet, une jeune femme nouvellement mariée, revenant du bain, parée, le henné aux mains et aux pieds, trouva son mari qui la trompait avec sa soeur. Dans sa douleur, elle demanda à Dieu de la métamorphoser pour ne point voir son malheur; elle fut aussitôt transformée en lézard aux belles couleurs.

RITES ET COUTUMES

Le henné, support de la tradition à travers de la modernité, ou comment sauvegarder le rituel.
a) Le henné de la mariée

La mariée est coiffée le jour du mariage par une femme heureuse, n'ayant pas de rivale. Après avoir reçu une application de henné, les cheveux sont tressés, enserrés dans un anneau d'argent, symbole de la pureté. La hennayat casse un oeuf sur sa tête, symbole de la fécondité, en nouant les cheveux, elle y introduit deux dattes enduites de miel, symbole du bonheur.
Les plateaux garnis, où trônait la plante de henné en maîtresse inconditionnelle, étaient apportés, avec d'autres cadeaux, à la famille de la mariée.

b) Rite à la naissance et au baptême : circoncision

La cérémonie du henné se perpétue dans la coutume de la circoncision. La mère du petit circoncis tresse ses cheveux enduits de henné et les attache avec un bracelet et une loubana, contre le mauvais oeil.
Elle sera protégée en recevant une pièce en argent et une bourse de harmel. A la naissance, les femmes perpétuent un rituel magique qui protégera la mère et l'enfant. Les ingrédients utilisés pour ce rituel sont les poudres composées de henné et de harmel qui accompagnent l'enfant jusqu'au quarantième jour. Lorsque le nouveau né apparaît, on dépose sur le cordon lié, un baume composé de farine et de henné afin qu'il soit riche et bon. Après l'avoir purifié on le roule dans la poudre de henné. Le jour de la pose du henné est sacré, c'est une bénédiction divine, il prélude au rite de la circoncision.
Il semble, qu'actuellement, cette cérémonie revêt moins d'importance dans les jeunes générations ; cependant les coutumes se perpétuent selon un syncrétisme à d'autres traditions exogènes. Désormais, l'utilisation du henné demeure pour l'embellissement nuptial, pour le baptême et pour la circoncision.
Les hennayats pratiquent traditionnellement les rites, bien que le sens des symboles demeure parfois obscur.

APPORTS DU HENNE

Le savoir-faire des hennayats modernes s'est adapté à la demande des jeunes générations ; elles présentent un catalogue de photographies, où chaque femme peut choisir le graphisme. De ce fait, le henné en perdant en partie son symbolisme, devient une mosaïque graphique qui ne délivre pas le message authentique d'amour et de tendresse d'antan.

a) Domaine matériel : petits métiers

Les hennayats s'organisent en corporations avec les négafates 2, ainsi furent créés les petits métiers à but lucratif.
Ces petits métiers sont exercés dans les marchés. Le henné est présenté sous toutes les formes d'usage : en feuilles séchées, pilées, ajoutées à d'autres aromates, tel le clou de girofle, le henné pour les applications sur les cheveux, le henné pour la peau. Simultanément d'autres produits naturels sont proposés aux clientes, telles les écorces de noyer, pour avoir de belles dents etc...
Les vendeuses, brunies par le soleil, sont toujours cantonnées à côté d'une kissariat
3. La kissariat comporte des herboristeries où se vendent les plantes bénéfiques, les potions magiques, les épices, les amulettes divinatoires etc... Tout est là, pour que le respect des rites, des offrandes et des sacrifices soit observé.

b) Domaine religieux : Les confréries

Les Gnaouas et les Darquawas utilisent le henné abondamment pour se teindre leur barbe. Les Aissaouas célèbrent la nuit du henné le premier jeudi du mois, jour correspondant à la naissance du prophète. Ces confréries animant plusieurs pèlerinages, produisent un spectacle de transes, en rappel des rituels ancestraux.
Les Chorfas sont les descendants des saints et les gardiens des lieux. Ils dispensent des soins dans un espace sacré, ils ont la responsabilité de prodiguer la protection divine à toutes les personnes qui viennent à eux. Ils sont craints car ils possèdent des pouvoirs surnaturels, ils détiennent les clés et sont propriétaires du lieu saint.
Les Chérifates sont spécialisés dans l'art de soigner et d'apporter une solution aux problèmes féminins, tant au point de vue du corps que de l'esprit. Avec le support du henné, comme amulette, ils apportent la protection aux consultantes.


Tislite d'Anzar.La célébration d'un rite antique

1. La légende explicative du rite

"Il était jadis un personnage du nom d’ Anzar. C’était le Maître de la pluie. Il désirait épouser une jeune fille d’une merveilleuse beautéla lune brille dans le ciel, ainsi elle brillait elle-même sur la terre. Son visage était resplendissant, son vêtement était de soie chatoyante. Elle avait l’habitude de se baigner dans une rivière aux reflets d’argent. Quand le Maître de la pluie descendait sur terre et s’approchait d’elle, elle prenait peur, et lui se retirait. Un jour, il finit par lui direTel l’éclair j’ai fendu l’immensité du ciel, ô Toi, Etoile plus brillante que les autres, donne-moi donc le trésor qui est tien sinon je te priverai de cette eau. La jeune fille lui réponditJe t’en supplie, Maître des eaux, au front couronné de corail. (Je le sais) nous sommes faits l’un pour l’autre. . . mais je redoute le "qu’en dira-t-on". . . A ces mots, le Maître de l’eau tourna brusquement la bague qu’il portait au doigtla rivière soudain tarit et il disparut. La jeune fille poussa un cri et fondit en larmes. Alors elle se dépouilla de sa robe de soie et resta toute nue. Et elle criait vers le cielÔ Anzar, ô AnzarÔ Toi, floraison des prairiesLaisse à nouveau couler la rivière, et viens prendre ta revanche. A l’instant même elle vit le Maître de l’eau sous l’aspect d’un éclair immense. Il serra contre lui la jeune fillela rivière se remit à couler et toute la terre se couvrit de verdure. Voilà l’origine de cette coutumeen cas de sécheresse on célèbre sans tarder Anzaret la jeune fille choisie pour la circonstance, doit s’offrir nue".
2. Le rite lui-même
l’époque où se durcit la terre, et que se présente ce que l’on nomme "sécheresse", les vieilles se réunissent pour fixer le jour où elles célèbreront Anzar. Au jour dit, toutes les femmes, jeunes et vieilles, sortent, accompagnées des jeunes garçons, et elles chantent. AnzarAnzarÔ Roi, fais cesser la sécheresse, et que le blé mûrisse sur la montagne comme aussi dans la plaine. . . Autrefois on escortait processionnellement une jeune fille pubère et de plus gracieuse, On lui mettait le henné et on la parait des plus beaux bijouxbref, on en faisait une "fiancée". La matrone du village, femme aimée de tous et de conduite irréprochable, devait procéder elle-même à la toilette de Tislit u Unzâr ( la fiancée d’Anzar ). Ce faisant, elle ne devait pas pleurer, sinon on aurait pu penser qu’elle ne donnait pas de bon coeur à Anzar sa fiancée. Elle remet à lajeune fille une cuiller à pot (aghenja) sans aucun ornement qu’elle tiendra à la main. Puis la matrone charge "la fiancée d’Anzar" sur son dos. Celle-ci, la louche en main, ne cesse de redireÔ Anzar, la louche est sèche, toute verdure a disparu. Le vieillard est voûté par les ans, la tombe l’appelle à elle. Mon ventre est stérile et ne connaît pas de progéniture. Ta fiancée t’implore, Ô Anzar, car elle te désire. Un immense cortège les accompagne composé des gens accourus du village qui les suivent par derrière. A chaque seuil devant lequel passe le cortège, de nouveaux membres se joignent à lui et chantent eux aussiAnzarAnzarÔ Roi, fais cesser la sécheresse, et que le blé mûrisse sur la montagne comme aussi dans la plaine. . . Sur le trajet de la procession on offre semoule, viande fraîche ou séchée, graisse, oignons, sel. . . . Et les familles ainsi visitées jettent de l’eau sur les têtes, s’efforçant surtout d’atteindre la fiancée que le cortège emmène avec lui. Une fois arrivées à la mosquée ou à l’un des sanctuaires (du village), les femmes déposent la fiancée. Puis elles se mettent à faire cuire ce qu’elles ont recueilli de porte en portehuile, oignons, viandes. . . . Et tous les accompagnateurs prennent part à ce repas. Celui-ci terminé, on lave sur place les ustensiles et on jette l’eau dans la rigole. . Après quoi, la matrone enlève ses habits à la fiancée, et la laisse nue comme au jour de sa naissance. La jeune fille s’enveloppe d’un filet à fourrage - et ceci signifie qu’il n’y a plus ni verdure ni rien de ce que produit la terrebref, que les gens en sont réduits à manger de l’herbe. Puis elle fait sept fois le tour du sanctuaire, tenant la louche en main de façon à avoir la tête de la louche en avant comme si elle demandait de l’eau. Tout en tournant, elle répète" Ô vous, Maîtres des eaux, donnez-nous de l’eau. . . J’offre ma vie à qui veut la prendre." C’est pour cette raison qu’on la nomme Tislit u Unzâr ( la fiancée d’Anzar ).
Quand la jeune fille ainsi offerte à Anzar a terminé sa giration autour de la mosquée ou du sanctuaire, elle ditJe regarde la terre, la face en est dure et sèche. Pas une goutte d’eau dans le ruisseau. L’arbrisseau des vergers s’étiole. Anzar, viens à notre secours, tu ne peux nous abandonner, ô Noble. J’entends le gémissement de la terre pareil à celui du prisonnier plein d’ennui. Pas une goutte ne suinte des outres, le limon est rempli de crevasses. Je me plie à ta volonté ô Anzar, car devant toi je ne suis rien. L’étang se vide et s’évapore, il devient le tombeau des poissons. Le berger reste tout triste, maintenant que l’herbe est flétrie. Le filet à fourrage est vide, il a faim. . . il m’étreint comme ferait une hydre. Après quoi les femmes réunies dans le sanctuaire entonnent le chant que voiciÔ Anzar au cœur généreux, le fleuve n’est plus que sable desséché. La clef, c’est toi qui la possèdes, de grâce, libère la source. La terre agonise, injecte son sang jusqu’en ses racines. Ô Roiô Anzar, notre Mère la terre est sans force Elle patiente, elle compte sur toi, comme elle a accepté de toi le manque de nourriture. Remplis la rivière de ta sueur et la vie triomphera de la mort. Ô Anzar, ô puissant, Toi qui donnes la vie aux hommes, délivre-les de leurs liens, Toi le remède des blessures.
La terre attend, livrée comme une jument, toute à la joie de ta venue. Ô Anzar, fils du (ou de) géant, Toi qui vis parmi les étoiles. Notre gratitude te sera acquise évidemment si tu nous donnes de l’eau. Ô Anzar, ô Roi, Toi dont le charme est sans égal, tu as épousé une jeune fille, perle précieuse, à la chevelure souple et lisse. La voici, donne-lui des ailes, et foncez vers le cielallez, A cause d’elle, parée de fine étoffe, tu peux dire aux assoiffésbuvezCependant, quelques jeunes filles en âge d’être mariées, s’assemblent auprès de la fiancée toujours nue, pour le jeu dit "zerzari" qui se pratique avec une balle de liège. Elles se groupent dans un endroit plat, non loin de la mosquée ou dU sanctuaire. Munies chacune d’un bâton, elles se disputent la balle, jusqu’à ce que cette balle tombe dans le trou préparé pour la recevoir. Pendant ce temps la fiancée répèteLa terre et moi, nous sommes co-épouses, nous avons épousé un homme sans l’avoir vu. Nous ne sommes ni infirmes, ni stériles, mais la clef est bloquée dans la serrure. Nos seins ne donnent pas de laitcomment du reste le pourraient-ilsLorsque la balle a pénétré dans le trou, elle ditJe tends la main devant moi, je ne trouve que le vide. Ma main cherche derrière moi, et ne trouve que moi-même. Rien ne me retient que moi-même. . . Ô Anzar, ô Roi très bon, ma vie m’est précieuse. . . mais s’il la veut qu’il la prenneLes jeunes filles qui ont pris part au jeu avec elle, répondentNous avons atteint notre butla balle est à sa place. Le Roi est descendu sur la terrela fiancée s’est soumise et l’a accepté. Ô Roi, donne-nous de la pluie, tu le vois, notre terre est assoiffée. Alors elle nous donnera bonne récolte, comme vous-même avez donné progéniture. La balle est enterrée dans le trou creusé pour elle avant le jeu.
Toutes les femmes regagnent le village avant le coucher du soleil. On peut être assuré que peu de jours après la célébration d’ Anzar, la pluie se met à tomber. A l’époque où les familles des At-Qasi et des At-Djennad se battaient contre les Turcs, les Marabouts mirent fin à l’ancienne procession (telle qu’elle vient d’être décrite). Ainsi nous l’ont racontée nos aïeules. Malgré cela, certains villages continuèrent la procession "ancienne manière"d’autres la cessèrent immédiatement par peur de la malédiction des Marabouts. Dans ce dernier cas ils se contentent de transporter processionnellement la seule cuiller à pot, magnifiquement ornée au préalable comme une fiancée. Le rituel est à peu près le même, hormis bien sûr la dénudation qui n’est pas nécessaire. Le repas terminé, ce sont les jeunes filles qui se livrent au jeu de "azerzar". La célébration terminée, la louche sera reprise par son propriétaire qui la mettra de côté pour une prochaine célébration".

Yennayer
Le Calendrier Berbère

«», est un mot d'origine latine (annus), qui définit une période de révolution planétaire permanente. Elle s'étale du 1er janvier au 31 décembre.
Ainsi, pour faciliter la lecture de l'année, un élément de soutient a été crée sous l'appellation du mot «» dans lequel on retrouve schématisées les périodes, en guise de tableau qui compose l'an.
Seulement, à chaque calendrier, existe une répartition propre, toutefois, dans l'immense majorité des calendriers, on retrouve un élément commun qui est le nombre de jours composant la semaine. sinon l'échelonnement de périodes est un chronologie bien précise à un calendrier bien précis, dépendant de l'espace et de référence.
Dans cet aspect la division du temps est diversifiée, parmi tant d'autres divisions schématisées en tableau. Nous aborderons dans cet exposé le calendrier lunaire appelé aussi le calendrier hégirienle calendrier luni-solaire, appuyé par un 3ème mois pour coïncider les saisons. Les calendriers solaires qui sont fondés sur la révolution de la terre autour du soleil. Dans le calendrier solaire, nous citerons le calendrier julien institué sous le règne de jules césars, ensuite vers 1582, il y'a eu la naissance du calendrier grégorien, établi par le pape Grégoire XIII avec certaines améliorations. Ce calendrier grégorien, est le calendrier que la majorité des peuples contemporains suivent.
L'histoire d'un peuple ne se limite pas uniquement à son histoire évènementielle car chaque civilisation a, parmi ces composantes, des facteurs d'ordre économique.
En Numidie, l'activité du sédentaire rurale est orientée vers l'agriculture, mis à part certaines tribus dont l'activité essentielle est la bijouterie, la poterie ou l'activité maritime.
Cette activité agricole, cyclique en rapport surtout avec les éléments qui la composent et le rythme des saisons et des jours était resté, dans certaines régions, réglé par le calendrier agricole. De ce fait, nous tirons une conclusion que l'activité du fellah relève plus du rite que du technique. A ce sujet, J.Servier écrit«Algérie… le calendrier est fixé par le fellah à l'aide des repères qu'ils discernent facilement.» Donc le calendrier est basé sur la variation de la végétation. J.Servier continue«autre calendrier, issu des traditions astronomiques est savantes mis à la disposition des autochtones, à l'aide des dictons et des aphorismes, immuables même lorsque les révolutions stellaires sur lesquelles ils s'appuient ont varié.»
A une période précise que nous situerons à l'envahissement de la Numidie par les Arabes, les associations des lunes de ces anciens calendriers ont disparu au profit des associations des mois du calendrier agricole arabe.
Donc, vu le lien très étroit subsistant entre le travail agricole et les autochtones, ces derniers ont trouvé un moyen idéal dans le calendrier arabe, et cela à partir du XIVme siècle. Donc les appellations données aux période sont devenues usuelles (nissan, smayem…) au dépens des anciennes appellations, mises à l'écart (furar, meghres).
En ce qui concerne les noms donnés aux mois, mis à part le nom janvier, appelé en tamazight yennayer - qui est une composition des deux mots «».Yan, qui veut dire (un ou premier) et ayour (lune). Les autres appellations de mois sont des emprunts à d'autres langues
Pour mieux argumenter cette translation de calendrier, chez les Amazighes nous parlerons de coincïdence de dates.
Jusqu'au VIème siècle, certaines régions amazighes, si ce n'est l'immense majorité, se référaient au calendrier julien, à l'envahissement de la Numidie par les Arabes au siècle sus cité, la rupture s'est annoncée. Le calendrier agricole arabe s'est imprégné la place de vecteur aux dépens du calendrier julien.
Durant cette période le calendrier julien en l'occurrence a subit des changements, ainsi il céda la place au calendrier grégorien, cela se passa exactement en 1582. parmi les rénovations admises, le calendrier grégorien a possédé 13 jours en plus que le calendrier julien.
Ainsi la synchronisation évènementielle entre le changement subit par le calendrier solaire en 1582 et l'invasion de la Numidie par les Arabes au VIème siècle, explique la différence des 13 jours entre le jours de l'an fêté par certaines populations ayant comme références le calendrier grégorien et d'autres populations, telles les Amazighs qui ont gardés le tableau chronologique du calendrier julien, qui a, comme on l'a cité, amputé de 13 jours.
LES RITES
Dans toute communauté instituée, des règles s'imprègnent en organisation, pour célébrer un événement. Les rites célébrés à l'occasion de l'avènement du premier Jour de l'An ont acquis une grande importance.
La célébration du premier Jour de l'An
«Yennayer», en région berbère, obtint une notoriété au point où elle est qualifiée comme étant une solennité communautaire, tel Achoura.
Chez les berbères, la célébration du Jour de l'An est marquée par deux ritessacrifice propitiatoire et le souper de l'année
«useggas». Cette tradition s'annonce comme objet à orienter une force occulte vers une action bien déterminée.

Sacrifice propitiatoire

C'est une cérémonie événementielle dans la famille qui a comme action de vénérer la force divine. Comme le démontre un proverbe amazigh«yezlan rrich demnegh-as lâich» (A qui égorge une bête à plume, je garantie sa subsistance).
Pourquoi une bête à plumeD'après ce qui est raconté, l'immolation spécialement de la volaille est indiquée par le Tout puissant, suivant une légende. On comprend que Dieu, une fois, envoya au ciel à Sainte Marie un pigeon, pour apaiser sa faim, lors de sa retraite volontaire, pour échapper à la colère de ses frères. Cette légende a crée la tradition, que l'immolation doit être une volaille dont les vertus prophylactiques sont, particulièrement efficaces. Du moins c'est ce qui est pensé. Alors, le coq est choisi par la majorité des pratiquants des rites. Sinon, à défaut, on choisit le lapin.
Et, comme caractéristique marquant la famille kabyle (taârift), les membres composant la famille sont regroupés sous un même toit, car on peut constater jusqu'à quatre générations regroupées comme un bloc soudéDe ce phénomène marquant, surgit l'incapacité de satisfaire par l'immolation d'un coq toute composante familiale, en cette circonstance une exception est promulguée par les Sages
«familles nombreuses... immolèrent une victime plus importante, spécialement un chevreau (aqelwach).» Le chevreau aussi, est une bête de possession de propriété prophylactiqueCette pratique aussi, est appuyée par un asefrou«itekkes lwehche» (le féroce ôte la peur).
En ce qui concerne les démunis, qui vivent le manque, on prépare une soupe, conçues par des légumes secs appelés (Irelman ou uftiyen). Ce plat représente une valeur pour exorciser les influences malfaisantes. et rendre la cérémonie plus complète. A ce sujet un asefrou dit
«itsqabal achayadh» (le rôti, affronte les maladies).
A cela s'ajoute la préparation des beignets (lesfendj, tihbal, lekhfaf) ou de crêpes (aheddour, tughrifin, achebbadh). Comme c'est remarqué, sur les appellations données aux plats, la différence existe en nom d'une région à une autre. Sinon le procédé en fabrication est similaire. A Taguemmount Azouz, à la préparation de Aheddour, on choisit une crêpe qu'on perce autant de fois qu'il y'a de mois. Une fois la crêpe est mise au feu, on attend d'où surgira la vapeur pour qualifier ce mois - auquel correspond le trou - de pluvieux. A Djemaa Saharidj, les beignets (lesfendj) sont réservés au lendemain, pour être consommé.
Le souper de l'annéeLe souper de l'année, est un signe qui fait appel à l'abondance alimentaire. Il est inconvenant pour une ou l'autre famille de montrer des signes d'aisance, tout le monde doit être sur le même pied d'égalité que son prochain.
Imensi useggas, est fondamentalement un repas de fête. Dans certaines régions on arrive même à fabriquer et à garder de côté une part, destinées spécialement aux filles mariées et à la leur porter. Comme il existe aussi dans d'autres endroits que la femme et l'homme se réunissent autour du même plat, une exception qui surgit uniquement au cours de Imensi useggas.
Le plat en cette occasion est le couscous arrosé de légumes secs et de viandes. A Taourirt Menguellat, on destine une pensée à tout le monde, même aux absentson dispose des cuillères autour du plat, aux présent comme aux absents. Et le plat (aqhih) ne doit pas être ni vidé ni nettoyé jusqu'au lendemain. Ce geste relève du fait que tout le monde doit profiter jusqu'à la fourmi. Tandis que à Ighil Ali, on y consomme le couscous de peur de l'envahissement des réserves de grains par les insectes et les fourmis.
Pour caractériser l'ambiance, des rites de prophylaxie corporelle sont organisées. A Djemaa Saharidj, Taourirt Mimoun… On applique sur les sourcils de genêt (timmi s tmetti n uzezzu). Ce rite est pratiqué pour renforcer la vue. Comme l'explique aussi E.Westermark dans son livre Survivances païennes dans la civilisation mahométane
«approche la nuit, on fait un lion. Deux hommesplacés l'un devant l'autre...Les jeunes gens cherchent un tellis dont ils revêtent et qu'ils fixent à l'aide de tresse d'alfa... alors l'individu, placé devant, se met à rugir dans un mortier qu'il tient à la main. La marmaille emmène le lion dans des maisons et dans les tentes où il effraye les petits enfants. Les jeunes gens disent aux habitants 'donnez-nous pour le dîner du lion'. On leur donne des figues sèches et des beignets.»
A Khemisprès de Tlemcen, comme a Djemaa Saharidj, le carnaval y trouve une place importante aussi. Des enfants se promènent dans les rues, en portant une tenue vestimentaire conçue spécialement en cette occasion, et un masque fabriqué à base de citrouille. Le chef du groupe est appelé Bou âfif, qui a valeur de père noël, muni d'un tambour frappe dessus en quémandant, et tout en répétant la phrase d'usage. Le ramassage des dons est l'affaire des enfants.

Les danses
Ahidûs et AhwâshSigne des mariages et fetes
Présentation GénéraleOn distingue dans l’Atlas deux grandes zones linguistiques et musicales
La zone Nord-Est, celle des Berbères, qui coïncide avec la musique dansée dite Ahidûs
La zone Sud-Ouest de l’Atlas, celle des Chleuhs, représentative des Ahwâsh.
Dans ces régions, la danse collective est l’expression de la joie qui accompagne le cycle de la vie sociale de ces communautés. Il s’agit d’un véritable spectacle mêlant à la fois musique, poésie, rythme, danse ainsi qu’une gestuelle bien précise qui est affinée par l’expérience.La frontière entre Ahidûs et Ahwâsh est subtile. En effet, ils ont en commun leur appartenance au village ainsi que la langue utilisée. Cependant, certaines divergences les opposent
Le rythme à cinq temps prédomine dans l’Ahidûs alors que l’Ahwâsh des Chleuhs préfère quant à lui un rythme binaire qui se modifie sous l’effet d’un accelerando.
D’un point de vue instrumental, dans l’Ahwâsh, les
bendîrs (tambourins constitué d’un cercle de bois percé d’un trou permettant au pouce de la main gauche de saisir l’instrument) occupent divers rôles au contraire de l’Ahidûs où ils ont tous le même rôle. De plus, les tambours des Ahidûs sont munis d’un timbre alors que ceux de l’Ahwâsh ne le seraient pas.
AhidûsLes tribus Ahidûs vivent principalement dans le Moyen-Atlas et le Haut-Atlas oriental et parlent le tamazîght. Le groupe est généralement constitué par un grand cercle où, hommes et femmes, épousent les fluctuations du rythme des bendîrs (tambours) en reproduisant épaule contre épaule des mouvements corporels de plus en plus perceptibles.Les danses Ahidûs passent par plusieurs phases durant lesquelles hommes et femmes abandonnent leur corps aux vibrations des chants et au rythme orchestré par le percussionniste central. Pour passer d’une phase à une autre, le percussionniste lève son bendîr, le fait tourner plusieurs fois autour du pouce afin de la chauffer et d’entamer un nouvel ahidûs (chaque chant correspondant à une danse d’Ahidûs). C’est une occasion pour les hommes et les femmes de la tribu d’exprimer leur attachement aux valeurs et coutumes tribales. La légende raconte que deux amoureux, privés l’un de l’autre, pleurèrent tellement que deux lacs furent remplis (islî et tislît, i.e., le mari et la mariée). Le saint patron d’Imilchil offrit alors l’asile aux deux amoureux et prescrit à la tribu que plus rien n’entrave l’amour. C’est ainsi que chaque année la ville d’
Imilchil organise le festival ou moussem des fiançailles.Ainsi, Ahidûs symbolise l’union et l’importance de la communauté ou jma’â.AhwâshAhwâsh est un spectacle de danses, d’improvisations poétiques, de percussions et de chants individuels et collectifs faisant partie de la fête et de la vie sociale ashelhi. C’est généralement un divertissement mais cela peut être également l’occasion de résoudre un conflit interne à la tribu.Chaque région a son propre ahwâsh qui peut être mixte ou non, avec ou sans chant. Lorsque les deux sexes son représentés, le groupe des femmes est en face ou autour des hommes. Les rythmes sont variés et riches en accentuations. A la différence des Ahidûs, les percussionnistes occupent des rôles différentstous les benadîrs (tambours) n’ont pas le même registre sonore. Celui du chef percussionniste est accordé plus haut afin de se distinguer et émerger du lot.Pour qu’un ahwâsh soit bien conduit il est nécessaire d’avoir un râye percussionniste, un premier danseur (ou a’allâm) et le musicien joueur de flûte métallique (tal’uwât ou awwasa). Le musicien gère le rythme et débute son improvisation pour attirer l’attention et réunir les amateurs de l’ahwâsh. Le poète lance les premiers vers et les répète jusqu’à ce que le choeur les assimile. Puis, quelques battements de percussion entament le cycle avec un mouvement de plus en plus accéléré. Enfin, la découverte des danses Ahwâsh du côté de Ouarzazate par exemple vaut mieux qu’un long discours

Déclaration universelle des Droits de l'Homme en tamazight

TISòERRIHòT TAGRAGHLANT IZERFAN N WEMDANYesbudan d yesse ran deg wegraw amatu seg use ti-s 217 A. (III) di 10 dujember 1948
ANAKCHAMImi asmussen n lhòwerma i ttalasen akkw yâggalen n twachult talsawt d yizerfan n sen yemsawan, d nitni i d llsas n tlelli, taghdemt akkw d- tifrat deg wmadal (di ddunit).Imi kra n widn nesmussun ara izerfan n wemdan d widn ihòeqqren s lkhwedm n lewhòuch yesserfayen tamsakwit n talsa akkw d- tlilin umadal and'ara hedren u and'ara yamnen yemdanen s tlelli idg ur yelli la aseròheb la lmizirya, d nettat i d asirem âlayan n wemdan.Imi tebbwi - dd nnig kra yellan ad ttuhòudden izerfan n wemdan s nnidam azerfan i wakkn ur yettuhòerrs ara wemdan di taggara alamma yughal d amnafeg dòadd temhòeqranit akkw d unaghur.Imi yessefk ad tennerni tegmi d wassaghen n tmidwa d lemhòibba gar yeghlanen.Imi di lqanun izerfan n wemdan imudan n ledjnas yedduklen berrhòen i tikkelt tajdòidt laman n sen deg zerfan ilsasiyen n wemdan di ccherf akkw d wazal n bnadem di tugdut izerfan n tulawin d yergazen u berrhòen belli qesòden ad snernin aqeddem amgarwan u ad sbed'den tigwnatin timenyafin n tudert di tlelli yettimghuren.Imi, timura yetteskin di ledjnas yedduklen lezment iman n sent ad myallent (ad mmâwanent) i wakken ad demnent nitenti d-tuddsa n ledjnas yedduklen, di mkull timura leqder aheqqani izerfan n wemdan akkw tlella tilsasiyin.Imi afham amechruk n tlella d yizerfan agi degs lqima tameqwrant i wakken ad uqment leqder tmura leqder i lâhd n sent.Tajmâit tamatawtTberrehò belli tisòerrihòt agi tagraghlant izerfan n wemdan d anawad amechruk igher ssaramen imudan d yeghlanen akken ma llan i wakken akkw yemdanen d yâggaln n temgarwa i glan (i ges an) dima tisòerrihòt agi di lbal n sen, ad skhedmen akkw lmedjhud n sen, s leqraya d ttròebga i wakkn ad senernin aqader n tlella d yizerfan agi u ad demnen s ttawilat idd iteddun s lâqel, (wa deffir wa) deg wennar aghelnaw d ugraghlan asmussen d usnefdòes igraghlanen ihòeqqaniyen gar imezdaghen n ddulat tâggalin s timmad n sent nagh gar yimezdaghen n tmizar i gellan ddaw lhwekm n sent aghedman.Tamadda 1Imdanen, akken ma llan ttlalen d ilelliyen msawan di lhòweròma d yizerfan-ghur sen tamsakwit d lâquel u yessefk ad-tili tegmatt gar asen.Tamadda 2Kull yiwen ghur-s lhòeqq ad ighellat tilella d yizerfan idd yeddan di tsòerrihòt agi bla tarayit idd yettasen si cchetla, d llun, d ldjens d tutlait, d ddin d ròròay asiyasi nagh ròròay idòen i gerzan lasl aghelnaw, tamgarwa, aila talalit nagh lihòala n idòen yehwa yas d argaz nagh d-tametòòtòut.Rnu gher-s, ur ilaq ara ad-tili trayit yebnan ghef lihòala tasiyasit, taghedmawt nagh tagraghlant n tmurt nagh n temnadt ideg yezdegh wemdan yehwa yas tella tmurt agi nagh temnadt agi d- talellit nagh ddaw lewkala, nagh ur tehkim ara deg yiman is nagh ur tekmil ara tlelli ines.Tamadda 3Kull amdan ghur es lhòeqq n tudert, tilelli d laman ghef timmad is.Tamadda 4Ur ilaqar a ad yughal wemdan d akli nagh d aqeddach n wemdan iden. Tasakla d uzenzi n waklan ttuhòeròròmen madòi.Tamadda 5Ur ilaqara ad yettuselletò ghef umdan uâqeb nagh ssikis d- teghriwin yesnughbuyen, itekksen fell as sser.Tamadda 6Ang'is yehwa yili wemdan, ghur s lhòeqq ad yettwag leqder i timmadit is taghedmawt.Tamadda 7Akkw indamen msawan zdat lqanun u ghur sen lhòeqq bla afraz i wakkn atn ihòudd lqanun - ghur sen irkwelli lhòeqq i uhòuddu, akken ma llan dòedd tarayit ur nwufq ara tisòerrihòt agi.Tamadda 8Kull amdan ghur-s lhòeqq ad ichetki i tnehkamin tighelnawin yettuk'ellfen i wakkn ad fkent lhòeqq dòedd tnehòyafin ur nettqadar ara izerfan ilsasiyen is yettak udustur d lqanun.Tamadda 9Ula d yiwen ur yezmir ad yettwatòtòef, nagh ad yettwahòbes nagh ad yet twanfu s ldjur.Tamadda 10Kull amdan ghur-s lhòeqq ad-tâddi tluft is zdat tnehkamt, âinani, bla tnehòyaft i wakkn ad - tseyyi ma sehòhòant telzimin is d yizerfan is nagh ma d-tidett wayn - idd gren fell as deg wennar n lâqubat.Tamadda 11Kra n win yettutéhmen s ssiya ad yettwahòseb d imzekki alama yettusòehòhòeh s lâdel ddenb idd gren fell as, âinani, zdat tnahòkamt and'ara yettwadmen akkw wayn i glaqen i uhòuddu ines.Ula d yiwen ur yettwahòkam ara fell as ma yekh dem kra n ssiya yettuhòeròròmen nagh ma iferretò di kra iwudjben fell as ma yella di tallit ni ayn idd gren fell as ur ikhulfara lqanun aghelnaw nagh agraghlan, yerna lâquba ur d as-dd yettak ara ad - tagwar tin is i ghòekkm lqanun di tallit ideg tedòra ssiya.Tamadda 12Ur yezmir hòedd ad yessekchem iman is s ldjur di tudert n wemdan, di twachult isdeg wekkham is, timuzniwin is nagh ad yessims lhòwerma-s d nnif iskull amdan ghur-s lhòeqq at ihòudd lqanun si tiytiwin yechban tigi.Tamadda 13Kull amdan ghur-s lhòeqq ad yelhòu s tlelli u ad yekhtir tanezdught di tmurt is.Kull amdan ghur-s lhòeqq ad yeffegh si yall tamurt ghas d - tamurt is u ma yehwa yas yezmer ad yughal ghur es.Tamadda 14Ma yella yettwahòròes wemdan s ldjur, ghur-s lhòeqq ad yesdari iman is u ad ighellet lânaya n tmura idòen.Amâni ur d-as-dd tebbw ara ad ighellet lhòeqq agi ma yella yekhdem ssiya ikhulfen lqanun amechruk nagh ayn ur nwufq ara inawadòen d yimenzayen n tmura yedduklen.Tamadda 15Kull amdan ghur-s lhòeqq i tghelna is yehwan.Ur d-as yettwakkes i yiwen s ldjur la taghelna ines la lhòeqq ubeddel n tghelna.Tamadda 16Mi geblegh weqchich nagh teqchicht, ghur sen lhòeqq ad zewdjen i wakkn ad bnum tawachult bla ma yettuqegged lhòeqq gi s cchetla, taghelna, nagh ddiyana msawan deg zerfen m'ara zewdjen, nad'am zewdjen nagh m'ara yefsekh zzwadj.Ur yettili zzwady alamma s lebghi d umyeqbel ukmil n wergaz d- tmettut.Tawachult d-tagwejdit talemmast n temgarwa, ghur-s lhòeqq att thudd temgarwa d ddula.Tamadda 17Amdan yehwa yas wehòd-es nagh d amezday ghur-s lhòeqq ad yekseb aila. Yiwen ur yezmir ad yettuhòòòeròròem seg waila-s.Tamadda 18Kull amdan ghur-s lhòeqq i tlelli n tedmi, tamsakwit d ddiyana, lhòeqq agi tetteski deg-s tlelli ubeddel n ddiyana akkw d wayn is yettamen, wehd es nagh gar medden âinani nagh di sser, s uselmed s tegdimin, s wâbâd d umares n lemdaheb.Tamadda 19Kull amdan ghur-s lhòeqq n tlelli di ròròay d lmentòeq anda yetteski lhòeqq ubeggen n ròròay bla ma yettuchebbwel u daghen tebbwi yas-dd ad inadi, ad yetòtòef, u ad yefser di yall tamurt isallen d-tedmiwin s yall ttawil n wentòaq.Tamadda 20Kull amdan ghur-s lhòeqq i unejmâ akkw d- tdukla di tifrat.Yiwen ur yezmir ad yettuhòettem i wakken ad yetteski di tdukla.Tamadda 21Kull amdan ghur-s lhòeqq ad yetteski deg wselhòuy n temsal n bailek n tmurt is, ama netta s timmad is, nagh s win yekhtar d amtil is. Kull amdan ghur-s lhòeqq amm netta am wiyad ad yettef amkan di lhòirfat n bailek n tmurt is.Lirad umadan d nettat i d llsas n lhiba n lehkwem n bailek- yessefk add tban s tefrant zeddigen idg ara tteskin meddn irkwelli u ara yilin si lweqt aar wayedòò di tugdut d sser nagh s ttawil idòen it yechban ara idòemnen tilellli n tefrant.Tamadda 22Kull amdan yetteskin di temgarwa ghur-s lhòeqq di laman amgarwan gqes den ad ikafi izerfan is isagrawen imgarwanen d yidelsanen imsefken i lhòweròma d usegmi alelli n timmadit is s tejmilt n lmedjhud aghelnaw d umyalli agraghlan s wayn ara yembwafaqen netta d nnidòam d lerzaq n kull tamurt.Tamadda 23Kull amdan ghur-s lhòeqq i ikheddim ara yekhtir akkn is yehwa s cchurut n lâdel imsefròahòen ar'at idòemmen ghef ticchumert.Imdanen akken ma llan ghur sen lhòeqq bla tarayit i tjernanin yemsawan ghef ikheddimen yemsawen.Kra n win ikheddmen ghur-s lhòeqq i tjernant tahòeqqit, timsefrehòt ar'as idòemnen i netta d twachult is tudert iwufqen lhòweròma n wemdan ara yettuk'emmlen ma yebgha lhòal, s kra n ttawil iden uhòuddu amgarwan.Kull amdan ghur-s lhòeqq ad yessebded netta d wiyadò tidukliwin ikheddamen nagh ad icharek di tdukla ara ihòudden lmeslaha ines.Tamadda 24Kull amdan ghur-s lhòeqq i rraha d- tukksa n lkhiq (d ugunfu) u ladgha di lhòedd iqebbel lâqel n lweqt ikheddim akkw di ttrihò yettwakhelsen, si lewqt aar wayedò.Tamadda 25Kull amdam ghur-s lhòeqq i lmizan n tudert ar'at iqidden i tòtòmana n tsòehòihòt is (n tezmert is), liser ines akkw d- twachult is, ladgha i isafarn n tuççit, llebsa, tanezdught, adawi timezgiwin (tijmilin) timgarwiyin ilaqen, ghur-s lhòeqq i tòtòmana ma ur ikheddmara, ma yudòen, ma yella d anâibu nagh d adjjal, nagh d awesran nagh kra n yimi ar d as ruhòent ttawilat n tudert ma yekka-dd waya nnig tezmert isTiyemmatin d yigwerdan ghur sen lhòeqq i tallalt (lmâwna) d uhòuddu ikhsusiyen. Akkw igwerdan ilulen di zzwadj nagh beròròa n zzwadj ghur sen lhòeqq yemsawan di tussròa (tòtòmana) tamgarwant. Tamadda 26Kull amdan ghur-s lhòeqq di leqraya ur nessefk ara fell as lekhlasò ladgha leqraya tamenzut akkw d- telsasit. Leqraya tamenzut d- tamelzumt, leqraya tatiqnit d uselmed n lhirfat yessefk ad ilin d imatawen, tabburt unekchum gher tlumdiwin tunnigin (âlayen) yessefk ad-tili s lâdel i meddn irkwelli ghef lehsab n wakken zòewren.Ttrebga yessefk ad- tessiwedò ghr usefti n timmadit d usedjhed n leqder izerfan n wemdan akkw d tlella tilsasiyin, tebbwi-dd ad- twesòsòi ghef usefhem d umsameh d lemhibba gar tmura akken ma llant d yimudan d ddiyanat i tuttfa n lehna.Imawlan ghur sen lhòeqq d imezwura ad khtiren sòsòenf n ttrebga ara fken i warraw n sen.Tamadda 27Kull amdan ghur-s lhòeqq ad yetteski ma yebgha di tmeddurt tadelsant n tmurt is, ad yestummen i lfenn (tazuri) akkw d tegmi n tussna d wayen idd ttaken n lfaida.Kull amdan ghur-s lhòeqq uhòuddu n lfaida ines tanamkawt akkw d- tmaddawt idd yekkan seg wayn idd yesnulfa di tussna, di tmedyazt (tasekla) nagh di lfenn.Tamadda 28Kull amdan ghur-s lhòeqq deg wennar amgarwan nagh deg wennar agraghlan i wakken ad yili nnidòam yechban izerfan akkw tlella idd yeddan di tsòerrihòt agi lfaida d unawadò n sen.Tamadda 29Amdan ghur-s lwadjeb i wegdud idg i gemken ala deg-s kan, unerni ukmil n timmadit is.Deg wmares izerfan is d ughellet n tlella ines, kull yiwen ur ikennu ala ddaw leqyud i gersòem lqanun wehd es i wakken ad yedmen asmussen d uqader izerfan d tlella n lghir is u daghen i wakken tisutriwin tighedmawin n wedyaz d nnidòam n bailek d liser amataw dit emgarwa tagdudant (tadimuqratit).Izerfan akkw d- tlella yagi, is yehwan yili, ur zmirn ara ad ttumarsen dòedd inawadòen d yòòòimenzayen, n tmura yedduklen.Tamadda 30Ur telli tmadda di tsòòòerrhòit agi i gzemren ad-tettwafhem d-tikchi n lhòeqq i ddulla, nagh i wegdud nagh i wemdan i wakkn ad khedmen kra nagh ad marsen igi i gqesòden ahòuddu izerfan akkw d-tlella idd yeddan deg-s.
Idir
Chanteur de conviction

Idir, poète et defenseur de la cause berbereIdir, de son vrai nom Hamid Cheriet est né dans un village berbère de Haute-Kabykie, Aït Lahcène en 1949. Ce fils de paysan élevé chez les Jésuites, entreprend des études de géologie et se destine à une carrière dans l'industrie pétrolière. En 73, il remplace une vedette au pied levé sur Radio Alger et interprète une berceuse. Il enregistre ce titre, intitulé "A Vava inouva", en 45 tours avant de partir faire son service militaire.Cette chanson kabyle avec juste voix et guitare figure comme le premier grand tube venu directement du Maghreb, bien avant le succès d'un Khaled ou d'un Mami. Il représente l'affirmation d'une certaine identité, le retour à des racines ancrées très profondément dans l'histoire de l'Algérie. Il sera traduit dans 7 langues. Après son service, Idir est contacté par la maison de disques Pathé Marconi. Il faut attendre 1976 pour que sorte un premier album sur lequel on retrouve également "I vava inouva". Après un certain succès, Idir écrit à nouveau et enregistre "Ay Arrac Negh" (A nos enfants), un album qui sort en 79.ParenthèsePour cet homme discret avec un look sérieux, il est difficile de se fondre dans le monde du show-biz et s'il aime composer, ce qu'il fait pour d'autres, les passages sur scène ne le satisfont que rarement. En conséquence, il s'éclipse environ une dizaine d'années tout en donnant quand même quelques récitals.Sa carrière est relancée avec la sortie d'une compilation en 1991 de dix-sept chansons de ses deux premiers albums. Après un long procès contre son ancien producteur, Idir a eu la possibilité de réenregistrer ses titres comme le fameux "A vava inouva". Fort de cet appui discographique, il revient donc sur le devant de la scène et passe au New Morning à Paris du 7 au 9 février 92. Il reste le représentant de la communauté kabyle à qui on reconnaît maintenant un statut de précurseur de la world music.L'année suivante, paraît chez Blue Silver un nouvel album "les Chasseurs de lumières" où il chante ses thèmes de prédilection, l'amour, le liberté et l'exil (qu'il connaît puisqu'il est installé dans la région parisienne depuis 1975). Il introduit à côté des derbouka, flûte et guitare acoustique, les synthés qui donnent une touche de modernité. On peut entendre aussi la voix d'Alan Stivell sur le duo "Isaltiyen". Idir donne ses chansons à écouter au public de l'Olympia à Paris les 26,27 et 28 juin 93.Questions d'identitéHomme de conviction, Idir participe souvent à des concerts pour soutenir différentes causes. Le 22 juin 95, plus de 6000 personnes viennent applaudir le chanteur et son ami Khaled, initiateurs de l'association "l'Algérie la vie" qui les ont conviés à un concert pour la paix, la liberté et la tolérance. C'est un triomphe pour les deux artistes qui réunissent à cette occasion les communautés kabyles et arabophones. Idir participe aussi au concert hommage rendu à Matoub Lounes, chanteur kabyle assassiné en 98.Le retour discographique d'Idir se fait avec "Identités" en 99, album hommage qui réunit de nombreux artistes de Manu Chao à Dan Ar Braz en passant par Maxime Le Forestier ou l'Ecossaise Karen Matheson pour un "A vava inouva 2", mais aussi Gnawa Diffusion, Zebda, Gilles Servat, Geoffrey Oryema et l'ONB. Idir rassemble ici ceux qui prônent l'ouverture culturelle ainsi que la reconnaissance des racines propres à chacun. En décembre, Idir a tout autant d'invités lors des deux soirées qu'il donne à l'Olympia. Autour de lui se succèdent Frédéric Galliano, le guitariste Thierry Robin et l'ONB.L'identité, il la défend à nouveau en 2001 au cours du 21ème Printemps berbère organisé au Zénith parisien, manifestation qui célèbre la culture berbère. Cette soirée de fête est renouvelée plus tôt que prévu, le 8 juillet 2001, toujours sous la houlette de Idir, lorsque de violentes émeutes ravagent la Kabylie. Le chanteur organise à cette occasion un grand concert toujours au Zénith de Paris où devant une salle pleine, de nombreux artistes soutiennent la révolte du peuple kabyle face au pouvoir central algérien.En mai 2002, la maison de disques met sur le marché une compilation de nombreux titres de l'artiste, "Deux rives, un rêve". Elle offre la possibilité d'écouter des inédits dont un titre écrit par Jean-Jacques Goldman "Pourquoi cette pluie" qui évoque le terrible déluge qui s'est abattu sur la ville d'Alger en novembre 2001.Idir débute une nouvelle tournée le 20 septembre au Zénith de Paris avant de partir sur les routes jusqu'en décembre. RFI.fr

Matoub Lounes
L'enfant terrible de la chanson kabyle

Matoub Lounès est né en 1956 et a grandi en Kabylie, le fief des "Imazighen" (hommes libres). L'autodidacte Matoub se fabrique une guitare de bric et de brocs et devient populaire grâce à des poèmes chantés puisés dans l'héritage ancestral et une chanson dédiée aux femmes kabyles "Ahaya Thilawin" (Allez les femmes) le lancera complètement.
Puis il s'achemine vers une poésie débarrassée des métaphores propres à la chanson algérienne où le message devient de plus en plus direct. A 22 ans, il sort son premier album "Ayizem" (Ô le lion) et amorce, au rythme des évènements sociaux qui secouent l'Algérie, une carrière de chanteur engagé interdit sur les ondes de son pays. Au début des années 1990, les artistes algériens, se sachant menacés, sont contraints à s'exhiler en France. En effet, les intégristes musulmans considèrent la musique comme illicite et dépravée car elle détournerait les croyants du Coran.
Défenseur farouche de la culture tamazight et de la laïcité, Matoub Lounès fera fi de l'avertissement des islamistes qui l'avaient enlevé en 1994 : il donnera en Janvier 1995 deux concerts au Zénith (Paris) qui rassembleront un public majoritairement kabyle de 12000 personnes. Les concerts aux allures de meetings se succèdent en France et à l'étranger. La célèbre voix rocailleuse et chaude est régulièrement relayée par les youyous (cris de joie traditionnels) qui fusent et ponctuent des chansons souvent incendiaires mâtinées de slogans berbéristes.
Une triste occasion pour le public international de découvrir la chanson kabyle oubliée des charts depuis le premier grand tube de world music "Avava Inouva" de Idir sorti il y a vingt ans. La chanson kabyle se distingue par une orchestration épurée où le mandole traditionnel (sorte de luth à fond plat) ou encore la guitare folk s'imposent selon les morceaux avec un accompagnement à la derbouka (percussion) et la qasba (flûte de canne traditionnelle). On sent toutefois dans le répertoire de Matoub Lounès notamment des accents de musique chaâbi (populaire algérois) traditionnellement en arabe et que le chantre rebelle interprète bien sûr en kabyle. On citera entre autres "Ru Ay Ul " (Va mon cour), " A Yemma Azizen " (Chère Mère), " Slavits Aya Bahri " (Va joue le vent) et " Au nom de tous les miens ".
En 1998, Matoub persiste et signe en enregistrant une adaptation subversive en kabyle de l'hymne national algérien. Un nouvel album dont le chantre indomptable n'accompagnera pas la sortie prévue prochainement.
Matoub, plus qu'une étoile était un feu follet. Il s'est éteint courageusement pour ses idées en digne "Amazigh " (homme libre).


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